Fabien-Snauwaert-Bilingue-Anglais

Fabien Snauwaert est un autodidacte de l’anglais.

Cette approche hors des sentiers battus l’a amené à analyser les rouages au cœur du processus d’apprentissage d’une langue.

C’est ce qui lui a donné envie de transmettre sa manière d’apprendre.

Il est l’auteur du livre « Devenir bilingue en anglais » et vous pouvez vous abonner à ses newsletters toujours éclairantes sur son site BilingueAnglais.com
 
Salut Fabien, ça me fait super plaisir de t’accueillir sur Astuces Langues. J’aime bien ton profil en fait, un peu différent de ce qu’on a pu voir dans les interviews précédentes.

Merci :)

Bon alors raconte-nous, comment t’es venu cette passion des langues?

En fait j’ai toujours été passionné par l’anglais parce que ça me semblait important. C’est un peu le rêve américain à la base si tu veux.

Puis avec une passion pour l’informatique, j’avais vraiment besoin d’apprendre l’anglais pour apprendre de nouvelles choses parce que les informations qui m’intéressaient n’étaient pas forcément dispos en français.

Ensuite j’ai toujours envie d’apprendre la langue du pays quand je voyage, même si ce n’est que pour quelques semaines.

Oui j’ai cru comprendre qu’en ce moment tu apprenais le hongrois?

il y a un petit peu plus d’un an, j’ai décidé de me mettre au hongrois parce que je savais que je retournerais dans le pays.

J’ai eu un mal fou à apprendre quoi que ce soit en France (je n’avais que la méthode Assimil) et personne ne comprenait quoi que ce soit quand j’y suis finalement retourné en vacances.

En revanche ça m’a donné envie d’aller plus loin et d’aller vivre là-bas. C’est ce que j’ai fait et en deux mois et demi j’ai atteint un niveau intermédiaire en hongrois. Là je voyage pour un tour du monde et mon but est de parler couramment hongrois, espagnol et de me mettre au russe.

Ok donc si je comprends bien ton but est de devenir polyglotte ?

On peut dire ça comme ça, oui.

En fait je ne sais pas trop pourquoi mais j’ai toujours eu envie d’apprendre et parler plusieurs langues. C’est peut-être parce que mes grands-parents ou arrière grands-parents étaient polonais, flamands, wallons ou français et que, pour autant, je ne parlais que français.

C’est aussi venu avec le temps. A force d’aider les gens en anglais, à force de lire sur le sujet des langues. Tout cela m’a donné envie de vraiment me lancer là-dedans.

Et puis il y a un côté défi un eu non ? ;)

Oui exactement. C’est ça qui m’a motivé à apprendre le hongrois. On dit souvent que c’est la langue la plus compliquée en Europe et je préférais m’attaquer à ça, comme premier pas pour être polyglotte, plutôt qu’à une langue facile pour un français comme l’italien ou l’espagnol.

Mon but est vraiment de pouvoir parler de tout, comme un natif, dans chaque langue que j’apprends.

En plus avec mon tour du monde j’ai l’occasion rêvée pour atteindre cet objectif :)

Bon tu nous fais rêver avec tes histoires de tour du monde là (rires) mais dis nous, tu n’as pas un conseil pour les gens bloqués chez eux qui ne sont pas en contact direct avec des natifs?

L’avantage d’apprendre une langue vivante, c’est justement que cela fait sortir de son quotidien et permet de voyager, au moins par la pensée, tout en restant chez soi.

Le mieux pour se débloquer c’est de se créer une environnement dans la langue, que ce soit de courts textes, des dialogues à écouter dans la langue, de la musique. On a besoin d’entendre la langue pour s’y habituer et pour l’assimiler.

On a un peu besoin du français, pour avoir des explications compréhensibles, mais dans l’ensemble les langues s’apprennent en faisant certaines choses, mêmes simples, à 100% dans la langue cible.

Comme par exemple la musique ;)

Oui c’est ce que j’explique dans les premiers chapitres de mon livre. D’expérience, les personnes les plus douées en langue que j’ai rencontré sont des personnes qui sont tombées amoureuses de la musique du pays.

C’est vrai pour beaucoup de francophones qui ont un très bon niveau d’anglais. C’est vrai pour des étrangers qui parlent très bien français, même sans vivre en France, parce qu’ils adorent la chanson française. J’ai beaucoup d’autres exemples du genre.

C’est d’autant plus facile pour une langue comme l’anglais puisque l’on trouve en fait plus de contenus en anglais qu’en français, que ce soit sur Internet ou pour acheter des livres ou des films.

Pour résumer, il est essentiel de se créer une bulle dans sa langue cible. Si j’ai fini par réussir à le faire pour le hongrois, c’est faisable pour beaucoup d’autres langues ! :)

D’ailleurs tu donnes un outil super puissant dans ton livre pour apprendre avec la musique. Je dois avouer que je ne le connaissais pas alors que ça fait des années que je me passionne pour les langues.

Oui il se trouve dans les premiers chapitres qui sont téléchargeables gratuitement ;)

Tu dis qu’il faut se créer un environnement dans la langue. Un truc que je n’ai encore jamais testé c’est d’accueillir des natifs chez soi en couch surfing. Tu as déjà testé?

Ah, en accueil malheureusement pas encore. J’ai des lecteurs qui s’y sont mis en revanche, faute de pouvoir voyager autant qu’ils l’aimeraient.

Et les retours sont positifs?

Ils sont contents de leurs expériences, comme le plus souvent avec CS. Ça leur permet d’entretenir la motivation et de faire des rencontres. Quel que soit le niveau, c’est toujours une bonne chose!

Pour l’immersion, je dirais que le plus important c’est de créer un BESOIN de parler la langue. Si vous hébergez ou vous faites héberger par quelqu’un avec qui vous pouvez pas parler français, vous serez obligé de pratiquer et c’est une pression positive.

Oui effectivement j’avais vu la vidéo d’un américain qui racontait qu’il s’était mis en coloc avec des japonais aux Etats-Unis et qu’ils ne parlaient que japonais entre eux.

Oui, c’est ce genre d’exemple qu’il faut viser. Ne pas voyager n’empêche pas d’apprendre, au contraire, c’est un super loisir que d’apprendre à distance.

La vraie question à se poser c’est : « Qu’est-ce que je peux faire pour pratiquer mon anglais (ou mon japonais, ou mon hongrois, ou mon russe) tous les jours? » C’est important d’être prêt à ABANDONNER complètement le français peut-être une heure par jour, ou bien 20 minutes par-ci, par-là.

C’est pour ça que je déconseille d’écouter ou d’utiliser des produits bilingues. Le paradoxe c’est que pour devenir bilingue, il ne faut pas pratiquer de manière bilingue mais pratiquer de manière unilingue une nouvelle langue jusqu’à ce que cela devienne naturel.

Si vous ne connaissez que 50 mots dans une langue, rien ne vous empêche de ne faire quelque chose QUE avec ces mots, sans vous servir du français, pendant 20 minutes. C’est un message difficile à faire passer parfois.

Effectivement ça me parait une approche assez radicale.

Ok, nuançons un peu: les produits bilingues sont corrects mais il faut faire attention d’utiliser la page dans la langue cible le plus longtemps possible. Les aller-retours entre le français et la langue cible empêchent de bien s’imprégner de la langue.

Il y a un vrai effort à fournir là-dessus, pour ne pas se laisser tenter de zieuter tout le temps sur le texte en français.

Le mieux est d’assimiler le sens du texte en lisant ou en écoutant la version française une fois et ensuite de n’utiliser QUE la partie dans la langue cible.

Pour les documents audio, le mieux est quand ils ne contiennent pas de français du tout (ce qui n’empêche pas d’avoir une traduction en français au format papier que l’on regardera juste de temps en temps pour se rafraîchir la mémoire).

Ok, merci pour ces astuces pratiques. Tu conseilles de commencer à discuter avec des natifs à partir de quand ?

Bonne question ! :)

C’est évidemment plus gratifiant lorsqu’on se débrouille déjà un minimum car c’est là que d’avoir étudié avant tout seul chez soi paye. D’un autre coté il faut faire attention de ne pas attendre trop longtemps, au risque d’avoir une différence de niveau entre ce qu’on comprend et ce qu’on peut dire.

Dans tous les cas mieux vaut trop tôt que trop tard. Les rencontres permettent d’alterner théorie et pratique et donnent envie de mieux gérer la théorie (même les points les plus ennuyeux du style conjugaisons, verbes irréguliers, etc.).

Tu prends souvent l’anglais comme exemple car c’est par cette langue que tu as commencé, mais on a l’impression que tes conseils sont applicables à chaque langue finalement, non?

C’est vrai que beaucoup de principes restent universels. Les langues changent mais les principes restent les mêmes.

Qu’il s’agisse de mémoriser, de penser clairement, de penser dans la langue, de décomposer un mot ou une phrase compliqués en sous-éléments plus simples… Peu importe la langue, on utilise les mêmes outils.

J’ai beaucoup travaillé là-dessus avant de me mettre au hongrois et pendant mes deux mois à Budapest et cela m’a servi énormément.

D’ailleurs je crois savoir que tu sors ton deuxième livre sur ce sujet

Oui j’ai bossé sur un livre sur le sujet depuis mon retour de Hongrie. En gros j’ai mis tout ce qui m’a servi à apprendre l’anglais mais aussi le hongrois rapidement. C’est basé sur mon expérience personnelle et sur beaucoup de recherches sur le sujet.

Si tu veux c’est un livre sur les principes ET la pratique pour apprendre une langue efficacement et rapidement pouvoir la parler. Ce que les gens appelleraient vulgairement avoir un don pour les langues vivantes.

Merci beaucoup Fabien de nous avoir accordé de ton temps et bonne chance pour ton défi !

J’invite tout ceux qui veulent en savoir plus à venir découvrir tout ça sur ton site ;)
 
 
 
Avez-vous d’autres questions à poser à Fabien ? Quelles langues aimeriez vous parler ?

Dites-nous ça dans les commentaires ! ;)

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