apprendre du vocabulaire
Ton cerveau ne t’aime pas. C’est un gamin capricieux qui fait tout le contraire de ce que tu veux. Combien de fois tu as cherché tes clés, tes lunettes ou ton crayon (que tu avais rangé soigneusement sur ton oreille)?

Tu crois que ton cerveau t’aiderait, du genre « attends, ça y est je me rappelle où tu les as mis »? Rien du tout oui. Combien de fois tu t’es retrouvé dans une pièce chez toi en ne sachant plus ce que tu venais y faire? Ou devant la porte du frigo?

Ce constat est particulièrement vrai en ce qui concerne les langues étrangères. Eh oui, qui dit langue dit vocabulaire et qui dit vocabulaire dit mémoire.

Je ne sais pas si tu as remarqué, mais c’est toujours quand tu devais absolument apprendre une liste de vocabulaire que tu avais les pires problèmes de mémorisation. Par contre des chansons ou des films que tu n’as même pas cherché à retenir ça, tu en connais un paquet, non?

Pour un peu mieux comprendre comment la mémoire fonctionne, je vais faire une comparaison avec quelque chose que tout le monde connait. Ton cerveau est comparable à internet, c’est une immense espace de stockage de l’information. Eh bien la mémoire, c’est un peu comme si Dame nature avait sorti Google 100000 ans avant Larry Page et Sergey Brin.

Ton cerveau enregistre absolument tout, mais la quantité d’informations  (visuelles, auditives, sensorielles) est tellement énorme qu’il ne peut pas les tenir à disposition immédiate 24h/24. Du coup il les stocke pour plus tard et le rôle de la mémoire c’est d’aller chercher l’information utile au bon moment.

Elle fait un travail de hiérarchisation puis de recherche de l’information. Pour reprendre la comparaison avec Google, elle a besoin de savoir ce qu’elle doit mettre dans la première page des résultats. Pour juger de l’importance et de la pertinence d’une information, elle se sert de plusieurs critères (comme les algorithmes de Google). Les voici:

    • La fraicheur de l’information. Toute information nouvelle se retrouve en première page (mémoire de court terme) pour quelques temps avant d’être reléguée dans les tréfonds du cerveau. C’est pour ça que tu peux souvenir de choses apprises uniquement pour l’examen du lendemain, pour ensuite les oublier le surlendemain.
    • La fréquence de l’information. La mémoire retrouve mieux une information que tu as déjà vue plusieurs fois qu’une information que tu n’as vue qu’une seule fois. D’où l’intérêt de revoir régulièrement ses leçons en fait, ça les stocke dans la mémoire de long terme.
    • Ses liens avec d’autres informations. Ça peut-être toute sorte  de lien mais pour prendre un exemple concret avec les langues, tu apprendras plus facilement le mot watermelon si tu connais déjà les mots water et melon.
    • La charge émotionnelle.  Rires, larmes, peur, surprise, toute information liée à ce genre d’émotions se voit accordée accorder une prime.
    • La musicalité. Un rythme et des rimes rendent l’information beaucoup plus facilement assimilable.
    • Le plaisir pris. Plus l’activité liée à ces informations est fun, mieux les informations rentrent. Si tu regardes une de tes séries préférées, tu vas retenir beaucoup plus de mots inconnus que si tu mates un documentaire sur la parthénogenèse chez les reptiles (à moins que ce soit ton sujet de prédilection).

On se retrouve avec plusieurs problèmes sur les bras.

  • Ces critères sont immuables.
  • Tout n’est pas toujours drôle, fun, intéressant, mis en chanson, lié à une information connue, ou que sais-je encore. Parfois c’est aussi excitant qu’un dimanche pluvieux à Vichumé-les deux étangs mais il faut quand même l’apprendre.

Tu ne peux pas dire à la mémoire « fais gaffe, ça il faut trop que je le retienne, c’est méga-super-important comme tu peux même pas t’imaginer. » Là, la mémoire fait un peu sa documentaliste ronchonne du style « quoi quoi quoi, du boulot en plus, pourquoi, justifiez vous ».

En fait il faut piéger ta mémoire. Tu peux faire ça en augmentant artificiellement la fréquence d’exposition à l’information et les liens avec d’autres informations déjà connues.

Plus de détails dans mon article sur la répétition espacée et dans celui sur les moyens mnémotechniques. ;)

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