robertoAujourd’hui j’accueille mon pote Roberto sur le blog.

Roberto est un polyglotte Mexicain que j’ai rencontré en école et son niveau de français est tout simplement impressionnant.

C’est bien simple, quand tu l’entends parler tu ne remarques quasiment pas qu’il est étranger.

Il va nous révéler ses petits secret dans l’interview qui suit.

Solal: Salut Roberto, tu peux te présenter un peu aux lecteurs?

Roberto: Bonjour, je suis Roberto Molina, je suis mexicain et je suis content de pouvoir partager avec vous un peu de mon expérience ;)

S: Bon eh bien rentrons directement dans le vif du sujet! tu parles combien de langues actuellement?

R: Ben je parle 5 langues couramment, espagnol qui est ma langue maternelle, anglais que je parle depuis toujours, français et portugais. Ah et j’oubliais le finnois que j’ai appris grâce à un échange que j’ai fait en Finlande quand j’avais 17 ans.

S: Ça c’est pas courant!

R: Oui, bon je considère que je suis encore courant en finnois car quand je le parle, je m’arrête pas pour penser comment il faut structurer les phrase mais c’est vrai que vu que ca fait au moins 6 ans que je le pratique pas, j’ai un peu perdu mon vocabulaire.

S: Oui ça c’est vraiment le problème avec les langues si tu ne pratiques pas régulièrement ça part assez vite. Et pourquoi le finnois en fait, c’était un défi?

R: Le finnois ce n’était pas mon premier choix. Je voulais faire un échange en Allemagne pour apprendre l’allemand, mais on m’a offert d’aller en Finlande. C’était vraiment par hasard, mais j’ai tout de suite adoré l’idée et là c’est devenu défi!

S: Ah c’est marrant ça je pensais que tu avais choisis le finnois délibérément. Je ne sais pas si j’aurais réussi à me motiver dans ton cas…

R: Oui et c’est une langue très différente de tout ce qu’on connait, la façon dont on parle et la grammaire c’est très très différent. Par exemple en finnois il n’y a pas de prépositions. Imagine alors de parler sans prépositions! C’est très difficile. Il y a bien sur des façons pour dire les choses. Pour ca, il existe les « cas grammaticaux »

S: J’imagine que c’est la langue la plus dure que tu aies eu à apprendre non?

R: Imagine qu’en allemand, qu’on considère comme une langue très difficile a apprendre, il y a 4 cas, alors qu’en finnois il y en a 17.

S: Ah oui ils rigolent pas les finnois! Je me rappelle que les cas en allemand me donnait un peu l’impression de jouer à Tetris au début mais là c’est carrément une autre dimension!

R: Oui, c’est la langue la plus dure que j’ai appris, mais tu sais, cela m’a permis de trouver les autres langues beaucoup plus facile a apprendre. Je pense que le fait de savoir des règles aussi compliquées qu’en finnois, m’a donné une flexibilité mentale de ne pas trouver difficile les règles d’autres langues.

S: Ah ah oui ton cerveau a muté. Justement en parlant des autres langues tu as une méthode particulière que tu utilises pour toutes les langues?

R: Oui, petit a petit et sans le vouloir, je pense que j’ai développé une façon d’apprendre les langues. Dejà, il faut dire que je parle très bien l’anglais depuis toujours. En fait une fois que je suis dans un pays, je regarde la télé. Assez souvent c’est sous-titré et vu que je comprends tout ce qui passe, il ne me reste que lire les sous-titres en la langue locale et faire les relations. Pour cela, il faut bien évidement aussi avoir un dictionnaire et beaucoup de patience.

S: Effectivement regarder la télé avec les sous titres dans la langue cible c’est vraiment l’idéal. J’ai fait ça aussi avec l’allemand, bon je n’avais pas les sous-titres, mais j’avais toujours un dico de poche pas cher ou je marquais tous les mots que ne connaissais pas au stabilo.

R: A ce moment la j’ose pas encore parler avec les gens. C’est pas que je suis timide ou que ça me fait peur, mais plutôt que je veux pas monopoliser une conversations avec mes questions de la langue. Mais une fois que je me sens confiant de parler un peu avec ce que j’ai appris avec la télé… je commence a parler aux gens. Et c’est que je trouve marrant c’est que la quand je commence a parler avec les gens, je parle sans comme un film sous-titré! C’est bien sur la langue et tout le monde comprend, mais c’est pas la façon dont les gens parlent dans la vraie vie. Au début je trouvais ça un peu gênant car je pensais que les gens pouvaient se moquer de moi, mais en fait je me suis rendu compte que les gens trouvent ça mignon et ils essaient de t’aider a parler comme eux. C’est très important de se rappeler que pour cela il faut avoir les bases (qu’on a eu avant avec la phase télé).

S: Oui pour empêcher ça c’est pas mal de regarder de tout même des émissions stupides comme le Jerry Springer Show parce qu’il y a beaucoup d’argot.

R: Ah oui. Il faut un regarder un peu de tout.

S: Et cette phase télé elle dure combien de temps en général?

R: La phase télé… pour moi ça dépend de la langue. Le finnois ça m’a pris bien 4-5 mois avant de me sentir bien pour parler en finnois aux collègues de l’école

S: On peut pense que c’est long 4-5 mois, mais finalement pour une langue aussi difficile c’est un mini-exploit!

R: Oui, en effet, c’était un peu long, mais ça bien valu le coup. Et pour le français, le portugais, c’était beaucoup moins. Il faut tenir compte aussi les similitudes entre ma langue maternelle et le français ou portugais

S: Oui exactement, on a chatté en espagnol une petite demi-heure la semaine dernière et ça ne faisait même pas deux mois que j’apprenais

R: Oui! et franchement j’étais étonné de la façon dont tu écris l’espagnol.

S: Merci! Le finnois sur un CV ça claque, les mecs aux ressources humaines doivent halluciner non?

R: Oui parfois, mais il faut aussi savoir vendre cette compétence. Si on n’a pas l’intention de travailler chez Nokia, il faut aussi expliquer que le fait de parler cette langue montre ta capacité d’apprendre rapidement des choses assez complexes.

S: Oui voilà, je pense que c’est un point important pour les lecteurs, les langues font ressortir un CV si on insiste sur ces points. Et donc finalement si je comprends bien tu t’es toujours rendu dans le pays de ta langue cible pour apprendre c’est bien ça?

R: Oui, c’est correct mais ce n’était pas toujours le début de mon apprentissage, le français par exemple je l’avais étudié au Mexique même avant de savoir que je pourrais partir en France je parlais déjà peu mais il fallait partir en France pour vraiment apprendre le français de France parce que un truc que je trouve très important quand on apprend une langue, c’est de voir et comprendre comment les locaux s’expriment.

S: Oui parler de manière idiomatique.

R: Ça ne veux pas dire que l’argot, mais l’intonation des phrases, les nuances, etc…Pour ça il faut bien faire attention quand les locaux parlent. Quand est-ce qu’il disent un tel mot, cela peut signifier des choses différents selon le contexte out même l’intonation comme quand les français disent « il était un tout p’tit peu bourré ». Selon l’intonation ça veut dire qu’en effet il avait bu juste un ou deux verres…ou ça peut signifier aussi qu’il était complétement déchiré. Cela on ne peut l’apprendre qu’en faisant attention aux locaux quand ils parlent.

S: Oui c’est vrai, ton but quand tu apprends c’est de pouvoir te faire passer pour un local justement?

R: Oui, c’est toujours le but. C’est vraiment difficile car on aura toujours un p’tit accent, ou on va pas comprendre des références qu’on fait sur la politique ou même des dessins animés de l’enfance.

S: Ah ah oui c’est vrai, c’est pas seulement une question de langue mais de culture, comme l’ironie. Ça c’est un truc que les japonais n’ont pas du tout par exemple, donc en tant que français ou mexicain il faut faire gaffe de ne pas blesser les gens. Et comme tu dis pour la politique, etc.

R: Mais je trouve que c’est déjà assez réussi quand les locaux n’ont pas besoin d’arrêter une conversation pour t’expliquer quoi que se soit.

S: Oui finalement je pense que c’est le meilleur but à se fixer. Il ne faut pas tomber dans le perfectionnisme.

R: Et aussi quand il commencent a te traiter comme un local. Ça peut être dur, en fin de compte tu sais que tu n’es pas un local et tu peux sentir qu’ils sont durs avec toi. Mais pour moi ça c’est un compliment.

S: Oui totalement d’accord avec toi. Tu as d’autres langues en vue ou tu préfères t’arrêter là? 5 c’est déjà pas mal, non?

R: Oui, je me plains pas mais j’ai pas l’intention de m’arrêter bientôt, j’aimerais apprendre l’allemand.

S: Tu es un boulimique!

R: Les langues ça sert aussi pour développer et pratiquer la capacité mentale.

S: Oui c’est vrai j’ai lu que ça protégeait de la sénilité.

R: Il y a quelques semaines, j’ai lu un article qui disait que les gens qui parlent plus de 2 langues ont beaucoup moins de probabilité de développer Alzheimer

S: On a du lire le même ;) En tout cas je suis curieux de voir à quelle vitesse tu vas apprendre l’allemand!

R: Schnell :)

S: Et tu comptes déménager en Allemagne ou tout apprendre au Mexique?

R: Je suis pas encore sur, ça dépend aussi de l’avenir…

S: On cherche un mec qui parle espagnol et finnois dans ma boite à Berlin, je pourrais te pistonner ;)

R: Ha ha merci. je vais pas l’oublier si jamais j’en ai besoin!

S: Je crois qu’on arrive à la fin de cet entretien, un GRAND merci pour ton temps et j’espère que ton histoire va motiver les lecteurs et leur faciliter la tache!

R: De rien, j’ai trouvé, ça fun de discuter de tout ça avec toi ;)

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