Le (faux) casse tête des cas en languesDémontons un mythe ensemble: les cas

Avertissement: je ne suis pas un grammairien ou un fan de grammaire, je crois que depuis le temps tu l’as compris.

Avec moi pas de jargon incompréhensible ou de pinaillerie. Je fais pratique et je vais à l’essentiel.

Je voulais aborder ce thème des cas depuis longtemps. Il y a des langues qui sont réputées très difficiles justement à cause de ces fameux cas avec en tête l’allemand, le russe ou le polonais.

Je voulais contribuer à briser un peu ce mythe pour que tu arrêtes de te dire que ces langues ne sont pas à ta portée.

Un cas, c’est quoi ça?

Pour commencer qu’est-ce qu’un cas? Pour faire simple, dans une phrase chaque mot a un role: sujet, objet, indicateur de lieu, de temps, etc. Eh bien pour faire simple, dans une langue à cas, le role d’un mot dans la phrase change sa terminaison et/ou son article.

Rassure toi ce n’est pas aussi grave que ce que tu croyais. La terminaison du mot ne change quasiment plus en allemand depuis un bout de temps et en russe il n’y a même pas d’article!

Donc pour chaque rôle tu as un cas: le cas sujet, le cas objet, etc. Ce que des mecs qui n’avaient rien à faire se sont amusés à renommer nominatif, accusatif, datif, etc, parce que c’est plus drôle si tout le monde ne comprend pas du premier coup.

En fait c’est beaucoup plus simple que ça n’y paraît.

Les cas, un faux problème

Certes cela oblige au départ à un petit effort d’adaptation mais finalement rien de bien sorcier rassure-toi. Il n’y a a pas de secrets, il faut comprendre un peu le principe et puis parler, parler, parler pour entraîner le cerveau à faire tout ça de manière naturelle.

Fondamentalement, pour ton cerveau c’est le même type d’effort à fournir que pour utiliser des conjugaisons (comme en espagnol par exemple).

En plus cela a un avantage non négligeable: tu sais toujours qui fait quoi dans la phrase quand tu la lis ou que tu l’entends!

En fait les cas c’est en peu comme une piqure. Quand tu regardes le médecin te planter l’aiguille dans le bras ça te fait un mal de chien. Si à la place tu tournes la tête, tu n’es même pas capable de dire si l’aiguille est déjà dedans ou déjà dehors.

Regarde les japonisants, cette bande gros naïfs. On leur vend depuis des années des « particules » qu’on place après le mot, du coup ils se sont rendus compte de rien, mais ils utilisent des cas sans le savoir. La particule « ga » qui marque le sujet, la particule « wo » qui marque l’objet, le particule « he » qui marque le direction, etc, elle te disent bien qui fait quoi dans la phrase non?

Eh ben voilà, et pourtant là personne ne fait dans sa culotte en entendant le mot particule, c’est donc bien que tout ça c’est pas mal dans la tête.

Le mythe brisé, tu utilises déjà des cas sans le savoir

Encore plus énorme, tu as une compréhension intuitive des cas et tu ne le savais même pas. Ah bas ouais, le français a aussi des cas. Bon ok pas de manière généralisée, mais regarde:

Je mange du pain
maitresse, il a tapé je!
tu donnes à manger à je
Cette balle est à je

Ton cerveau a dû faire un bond dès le deuxième exemple du genre « qu’est-ce que c’est que ce bins » et cela prouve bien ce que je voulais dire: les cas ce n’est pas nouveau pour toi, tu as même internalisé leur fonctionnement dans ta langue maternelle.

La seule différence avec une langue à cas normal, c’est que le français n’a conservé ces cas que pour les pronoms personnels (je, tu, il, etc)

Et devine quoi l’espagnol, c’est pareil! Seulement on ne dit à aucun élève français apprenant l’espagnol qu’il y a des cas en espagnol, car il lui suffit de transposer le français.

Regarde (clique sur l’image):

cas en français et en espagnol

Conclusion: si tu dois choisir entre deux langues, n’en élimine pas une des deux sous prétexte qu’elle a des cas ;)

Images: © moodboard/Corbis

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Les cas en langues: comment ne plus en avoir peur, 8.0 out of 10 based on 2 ratings