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Les kanjis dans la tête

Les kanjis dans la tête

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Les kanjis dans la tête
Cela faisait longtemps que j’avais à cœur de vous présenter cet ouvrage. C’est LE bouquin qui a changé ma vision des kanjis (et donc, du japonais).

Pour moi comme pour la plupart des débutants, un kanji était une combinaison aléatoires de traits impossible à reconnaître et à reproduire. C’était comme si on avait laissé un bébé faire des gribouillages pour ensuite donner un sens à son chef-d’oeuvre.

La révélation

 
En réalité point de tout ça, les kanjis sont tous composés des mêmes « briques » appelées 部首 (bushu) en japonais, chaque kanji étant formé d’une à trois briques parmi les 214 disponibles.

L’auteur original du livre, James Heisig, a eu la très bonne idée de se servir des briques de chaque kanji pour former une petite histoire servant de moyen mnémotechnique.

Par exemple la kanji 冒 qui veut dire risque est composé des briques 日(le jour, le soleil) et 目 (l’oeil) empilées l’une sur l’autre. Il semble très naturel de se dire que regarder le soleil en face est un risque pour vos yeux, non?

Partant de là, Heisig réutilise les kanjis déjà appris comme brique à part entière. Par exemple il se ressert du kanji 寺 (temple bouddhiste) pour expliquer le kanji qui veut dire temps (時). 寺 ne fait pas partie des briques officielles mais cela permet tout simplement de rendre les histoires plus faciles à mémoriser.

Le soleil est l’unique moyen de mesure le temps dans les temples bouddhistes (tout autre instrument comme les montres étant proscrit pour ne pas gêner la méditation).

L’avantage avec Les kanjis dans la tête, c’est que vous comprenez le kanji au lieu de le réécrire mille fois bêtement en espérant qu’il finisse pas rentrer (ce qui est un gâchis de temps énorme). Il reste gravé dans la mémoire à long terme avec très peu de chance d’oublier comment il s’écrit.

Les détracteurs

 
Certains voient dans ce livre une hérésie (peut-être ont-ils un problème avec ça parce que ça rend le japonais trop simple à leur goût?):

  • Il y a les adeptes de la force brute, qui copient chaque kanji 500 fois pour l’apprendre (2 heures au lieu de 5 minutes pour une histoire mnémotechnique)
  • Il y a ceux qui critiquent le fait que les lectures ne sont pas dans le bouquin. A mon avis c’est très bien de d’abord se concentrer sur le sens car cela rend le processus d’apprentissage plus efficace. C’est le fordisme appliqué au kanjis :)

Heisig a consacré un second ouvrage aux lectures mais il est à mon sens beaucoup moins révolutionnaire et je déconseille de l’acheter. L’apprentissage des lectures doit se faire en contexte avec de vrais mots dans des vraies phrases (à quoi sert d’apprendre les 5 lectures en composé d’un caractère brut de décoffrage? C’est pour la beauté du geste peut-être?)

Le livre n’est pas dispo sur Amazon en ce moment mais vous pouvez le commander directement sur le site d’Yves Maniette ou dans sa version originale anglais Remembering the kanjis.

Pour-être franc, j’avais trouvé la version anglaise des Kanjis dans la tête en téléchargement illégal mais vous ne vous rendez pas service en faisant ça. Je trouve le papier irremplaçable (j’ai besoin de toucher, de feuilleter, de pouvoir naviguer dans la bouquin avec légèreté et en plus l’écran fait mal aux yeux) si bien que j’ai fini par l’acheter quand même.

Si vous n’êtes pas sur que les kanji dans la tête est fait pour vous, Yves Maniette (qui a adapté le livre en français) vous laisse la possibilité de découvrir les 280 premiers kanji gratuitement!

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all japanese all the time

Les méthodes de l’extrême : All Japanese all the time

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C’est l’histoire d’un mec…

all japanese all the time
C’est l’histoire d’un américain un peu barjot qui a décidé qu’il allait montrer à tout le monde ce dont il était capable.

Le mec était remonté comme un coucou suisse, prêt à en découdre avec un mythe : la très crainte langue japonaise. Rien à faire pour l’en empêcher! Armé de son énorme motivation, il avait juré qu’il allait faire subir les derniers outrages à la maman du japonais. Dé-ter le mec je te dis !

Tout en japonais, tout le temps

 
Cet américain, qui se fait appeler Khatzumoto sur le net, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Du jour au lendemain, il a totalement japonisé son environnement. Pendant 1 an et demi, le mec a dormi, mangé et respiré japonais.

Il a acheté Windows en japonais, a mis son Facebook en japonais, n’a plus regardé que des films en japonais et lu des livres, des blogs et des forums en japonais. Dès qu’il avait un temps mort, il faisait quelque chose en japonais. Aux toilettes? Japonais! Dans les files d’attente? Japonais! Sous la douche? Japonais! Bon je m’arrête là avant que ça dérape mais tu vois le principe.

Son secret pour tenir ce rythme: il ne faisait que des choses qui lui plaisaient, mais en japonais.

Les outils

En fait je te dis « du jour au lendemain » mais en fait ce n’est pas tout à fait vrai. Les 6 premiers mois il n’a pas fait de vrai japonais. Il s’est d’abord attaqué au système d’écriture au moyen de deux bouquins très utiles. Il a commencé par les kanas avec Remembering the Kana puis a enchainé les 2000 et quelques kanjis officiels avec Les Kanji dans la tête (enfin la version originale en anglais). L’auteur a créé des petites histoires qui servent de moyens mnémotechniques pour se rappeler des kanjis. Ce bouquin est tellement génial que je pense d’ailleurs y consacrer un article.

Passés ces 6 mois, il a mis en marche la machine et n’a fait que des choses qui l’amusaient en japonais. Et pour être sûr de bien retenir, il mettait beaucoup de phrases qu’il trouvait intéressantes dans un logiciel de répétition espacée (en fait c’est lui qui m’a fait découvrir Anki) dans le sens japonais-anglais. A la fin, il avait récolté 10000 phrases.

Les résultats

Au bout d’un an et demi, il parlait couramment. Voyez plutôt:

Il a trouvé du boulot au Japon et a ouvert son site pour parler de cette expérience: All japanese all the time

Plus et moins


    Du côté des plus:

  • Une approche naturelle sans livres de grammaire
  • Une bonne dose de fun passé les 6 premiers mois. Même si tout est en japonais, tu ne fais que des trucs que tu aimes
  • Parler japonais couramment en un an et demi ça fait rêver non?
  • Des coûts limités. Il propose plein de ressources gratos comme le site de vidéo NicoNicoDouga
    Du côté des moins:

  • Une approche extrêmement chronophage et no-life. Dis adieu à ta vie, tes amis et ton boulot (à moins qu’ils soient japonais).
  • Les 6 premiers mois à se concentrer sur les kanas et kanjis ont un coté très frustrant. J’ai essayé et honnêtement je n’ai pas tenu. Je conseille vivement de commencer à faire du vrai japonais à coté sous peine de devenir dingue.
  • Il néglige complètement la « production » de japonais au début de l’apprentissage ce qui est je trouve contre-productif.

Comment l’adapter à tes besoins?

Sans renoncer complètement à ta vie, voilà déjà quelques choses à faire dès maintenant:

  • Te créer un compte niconico (un youtube communautaire japonais).
  • Mettre ton Facebook en japonais.
  • Si tu as du mal avec les kanjis, te procurer Les Kanji dans la tête. Tout va te paraitre beaucoup plus simple, tu vas voir.
  • Essaye de lire des blogs et des forums japonais sur des sujets qui t’intéressent.
  • Lire son site, il écrit bien et pas mal de ses posts sont des must read.
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Le (faux) casse tête des cas en langues

Les cas en langues: comment ne plus en avoir peur

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Le (faux) casse tête des cas en languesDémontons un mythe ensemble: les cas

Avertissement: je ne suis pas un grammairien ou un fan de grammaire, je crois que depuis le temps tu l’as compris.

Avec moi pas de jargon incompréhensible ou de pinaillerie. Je fais pratique et je vais à l’essentiel.

Je voulais aborder ce thème des cas depuis longtemps. Il y a des langues qui sont réputées très difficiles justement à cause de ces fameux cas avec en tête l’allemand, le russe ou le polonais.

Je voulais contribuer à briser un peu ce mythe pour que tu arrêtes de te dire que ces langues ne sont pas à ta portée.
Lire la suite

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revendeur de ticket aggressif

Un mot, un jour (Japonais-18)

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revendeur de ticket aggressif

Fournir, offre

Il va te falloir des connaissances d’anglais niveau CM2 pour retenir le premier mot. En effet, fournir ou offre, se dit 提供 (ていきょう = teikyou) qu’on peut très facilement déformer en take yo.

Tu peux par exemple imaginer un mec à l’entrée d’un stade qui essaye de te refourguer des places « bon marché » et qui devant ton refus s’énerve et t’ordonne de prendre sa marchandise à tout prix. Take yo!

Ajouter

Ca va parler cuisine maintenant. Ajouter se dit 足す (たす=tasu) qui peut donc se prononcer tasse quand on connait la tendance des japonais avec bouffer (je gère en jeux de mots) le « u » final.

Donc là on prend mon ami Joël (Robuchon) ou un autre chef télévisé et puis on lui fait dire:
« alors, pour donner du liant à la sauce on va ajouter une petite tasse de farine. Et voilà!

Et bon appétit bien sûr!

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la sève monte au japon

Un mot, un jour (Japonais-16)

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la sève monte au japon
Un peu de vocabulaire japonais cette fois-ci dans un mot un jour. Si vous êtes toujours collé à votre oreiller cet article est fait pour vous.

Coller

Pour le mot coller, il va te falloir utiliser un mot de JLPT4 comme ancre mémorielle.

Comme je l’évoquais comme dans mon article sur les stratégies pour apprendre facilement du vocabulaire, c’est une astuce très puissante, notamment parce qu’elle t’affranchit de ta langue maternelle, tu fais tout dans ta la langue cible.

Le mot à déjà savoir pour retenir le mot « coller », c’est « printemps. En effet printemps printemps se dit 春 et coller se dit 貼る. si tu ne vois pas le rapport, c’est mal car ça veut dire que tu n’as pas intallé Rikaichan.

Heureusement que je suis là pour t’aider, les deux se prononcent はる (haru). Qui dit printemps dit montée de sève et qui dit sève dit collant. C’est une équation de haut niveau: printemps = sève = coller.

Oreiller

oreiller japonais
Ah l’oreiller, celui dont on doit s’arracher péniblement tous les matins et qu’on est content de retrouver le soir.

Oreiller a également une connotation sexuelle. On dit « confidences sur l’oreiller », « apprendre une langue sur l’oreiller » et surtout « finir sur l’oreiller ».

Eh bien justement servons nous en.

On peut s’imaginer un gars en parlant de sa copine qui dit « C’est moi qui lui ai fait la cour ». « Ma cour a bien marché et on a fini sur l’oreiller« .  Ma cour a = makura = 枕 = oreiller, CQFD.

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